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Le Brésil au régime sec

Ils n’ont pas honte !

segunda-feira 17 de outubro de 2016, por ,

Les députés de droite ont adopté une loi permettant d’appliquer l’austérité pendant vingt ans, quel que soit le gouvernement élu.

S’il subsistait des doutes sur la volonté du gouvernement putschiste d’en finir avec l’expérience de gauche, le Parlement brésilien vient de lever toute ambiguïté. Lundi, les députés ont majoritairement voté en première lecture une loi consacrant le gel des dépenses publiques sur vingt ans. Ce texte, en cohérence totale avec le vote de la destitution de la présidente légitime Dilma Rousseff, a été adopté par une écrasante majorité de 366 députés sur 480 présents. Soit une majorité supérieure aux 3/5es requis. Le texte élaboré par le ministre des Finances, Henrique Meirelles, vise à imposer, quel que soit le résultat des élections futures, un plafond aux dépenses publiques de l’État fédéral, qui ne pourront pas croître au-delà de l’inflation annuelle, y compris dans les domaines clés de l’éducation et de la santé. Ce choix politique illustre par ailleurs les difficultés rencontrées par Dilma Rousseff à faire passer ses réformes face à un Congrès des députés majoritairement marqué à droite. Si des navettes sont encore prévues avec le Sénat en vue de l’adoption définitive en fin d’année, ce premier vote renforce le président putschiste Michel Temer après l’avance prise par son camp au premier tour des municipales au début du mois. Alors que le Brésil fait face à l’une des pires récessions de son histoire avec un taux d’inactivité qui dépasse les 11 %, Michel Temer ne compte pas s’arrêter là. Il prévoit de lancer l’an prochain une réforme du système de retraites et une série de privatisations. Des réformes encouragées par la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde. En septembre, lors d’un déjeuner de travail au Conseil des Amériques à Manhattan, Michel Temer a expliqué que le processus de destitution de Dilma Rousseff avait été lancé après que cette dernière a refusé d’adopter le nouveau programme d’austérité et de privatisation exigé par les banquiers. CQFD.


Ver online : Lina Sankari, L’Humanité