Où va le Forum social mondial ?

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Réunis à Paris à la fin du mois passé, les représentantEs des organisations membres du conseil international (CI) du Forum social mondial ont réfléchi sur l’avenir du FSM dans un nouveau contexte marqué par l’essor des mouvements populaires dans les pays arabes.

Agir dans l’épicentre de la crise

Depuis déjà plusieurs années au Maghreb et au Machrek, des mouvements populaires sont à l’œuvre pour élaborer de nouvelles stratégies. Constamment sous la menace des régimes que cela soit celui des dictatures corrompues ou des pseudo démocraties (les « démocratures » comme les avait justement nommé le regretté Abraham Serfati), ces mouvements subissent les assauts également de courants réactionnaires qui agissent sous le couvert de la religion. Comme nous l’ont rappelé nos camarades marocains, tunisiens, égyptiens, chaque situation est singulière, caractérisée par des configurations politiques, sociales, culturelles, spécifiques. Les contributions de Kamal Labhib, de Gustave Massiah et de Samir Amin, notamment, nous ont permis de mieux comprendre leur complexité et les défis que cela comporte pour les mouvements populaires dans une démarche de longue durée.

Une intervention est nécessaire

Entre-temps pour les organisations sociales du monde entier, la priorité est de résister aux diverses offensives impérialistes qui visent à (re)sécuriser cette partie du monde par rapport aux objectifs géopolitiques et géo-économiques des dominants. Le démembrement en cours de la Libye, qui s’ajoute à celui de la Palestine, de l’Irak, de l’Afghanistan, du Soudan et d’autres pays de l’« arc des crises » s’inscrit dans une stratégie de « gestion de crise » dont le but est d’empêcher tout réel changement. Pour les parties composantes du FSM, tout cela veut dire porter attention à cette situation et se solidariser, également confronter les classes dominantes dans les pays où ces mouvements sont localisés, et enfin appuyer le dur labeur de la construction des réseaux entrepris par le Forum Maghreb-Machrek et une myriade d’organisations dans la région depuis quelques années. En fonction de tout cela, il est permis d’espérer qu’un FSM à Tunis ou au Caire en 2013[1] aurait un effet réellement mobilisateur, un peu comme cela a été le cas pour les premiers FSM en Amérique latine.

Repenser le processus du Forum

On le sait depuis au moins trois ans, une discussion est en cours pour renforcer le processus du FSM. Tout au long de la décennie, le FSM a marqué les avancées du mouvement populaire, surtout en Amérique latine. Les « excroissances » du FSM en Asie, en Afrique et en Europe ont également eu plusieurs aspects positifs. Néanmoins, il est clair que la formule des grands rassemblements permettant au mouvement populaire de se « visualiser » doit être relancée. D’ailleurs, le dernier Forum de Dakar a démontré la vitalité d’un certain nombre d’innovations. On pense notamment à des espaces d’élaboration stratégique pour des mouvements et des réseaux qui vont au-delà des diagnostics de la crise et qui mettent en lumière des hypothèses stratégiques. De telles explorations requièrent beaucoup de préparation, via des recherches, des consultations, des dialogues croisés entre plusieurs mouvements. Le processus implique davantage que l’organisation d’une ou de conférences au moment du Forum, mais un labeur de longue durée. Les organisations et réseaux qui iront dans ce sens dans les prochaines années seront celles qui ajouteront de la valeur au FSM.

Retour sur le local

Par définition, l’importance du FSM a été justement de rendre visible une mondialisation des mouvements, via l’élaboration d’une plateforme de discussions et donc de problématiques communes. Aujourd’hui, si cet objectif demeure valable dans plusieurs parties du monde où le processus du FSM est encore embryonnaire, il est moins prioritaire pour plusieurs mouvements, notamment en Amérique latine et en Europe, encore qu’il faille distinguer les réelles différences qui séparent l’expérience dans les divers pays. Cependant, il se dégage une certaine tendance à vouloir enraciner le Forum sur des échelles locales, régionales, voire municipales, où la convergence des mouvements peut avoir un impact immédiat. Ces forums locaux ont également l’avantage de se focaliser sur un certain nombre de thématiques, qui correspondent aux priorités locales justement, ce qui facilite la tâche des mouvements qui veulent aller dans le sens de l’élaboration de stratégies.

Une réorganisation nécessaire

Le FSM n’a pas été conçu au départ comme une « conférence » ou un « évènement », mais comme un processus facilitant l’accumulation des expériences utiles aux mouvements populaires dans leur résistance au néolibéralisme et leur élaboration d’alternatives. Certes, l’importance d’organiser de grands rassemblements était évidente dans cette première période, mais il ne faut pas en faire un principe absolu. Il faut aussi considérer les intérêts divergents qui s’expriment à ce sujet dans le forum et qui impliquent des mouvements altermondialistes, des syndicats, des ONG, des réseaux féministes, paysans, écologistes, etc. Le principe de la pluralité et des dialogues croisés doit demeurer au premier plan. Également centrale est l’idée que ces dialogues croisés doivent « déboucher », c’est-à-dire permettre une meilleure articulation des pratiques à la lumière d’élaborations théoriques et ce, en s’intégrant aux cultures politiques diverses et aux stratégies distinctives mises de l’avant par les mouvements populaires.

Repenser les ressources

Lié à ce débat est celui des ressources. Le FSM est l’émanation des mouvements sociaux, et non un « projet » proposé à des fondations libérales, encore moins à des États peut-être « accueillants », mais dont les objectifs sont antinomiques avec les mouvements. Un FSM qui respire et qui dégage par exemple, doit intégrer la dimension écologique dans la lignée de la gigantesque bataille mondiale pour Pachamama, ce qui est contradictoire avec une dépendance financière par rapport à ceux qui préconisent le « développement » par les énergies fossiles. Une fois dit cela, il faut que les organisations sociales prennent en main l’organisation et le financement du Forum. C’est tout à fait possible, comme l’ont démontré nos camarades états-uniens avec l’organisation du Forum USA l’été dernier à Détroit. Dans ce sens, les propositions du comité sur les ressources du comité international ont permis d’identifier plusieurs pistes prometteuses pour autonomiser le FSM sur ce plan.

Le FSM des dix prochaines années

Il est très probable que le processus du FSM soit relancé et renforcé en fonction des pistes évoquées plus haut. D’une certaine manière, le leadership doit se renouveler et passer la main à une nouvelle « génération ». Les Brésiliens et d’autres mouvements latino-américains qui ont beaucoup donné savent intuitivement que ce « passage « est nécessaire même si leurs réseaux doivent continuer d’être actifs dans le Forum, sans peser du même poids et sans prendre le rôle central qu’il sont occupés ces dernières années. Cette transition doit se faire par étape et être en phase avec le développement des réseaux dans les diverses régions. Entre-temps, de nouvelles initiatives sont en train d’être développées un peu partout pour construire au sein des mouvements populaires de nouveaux « intellectuels collectifs », dans la tradition de Gramsci et de Bourdieu, des « intellectuels collectifs » enracinés dans les mouvements, capables de développer les savoirs inscrits dans ces mouvements, et de produire des élaborations stratégiques permettant aux mouvements de construire de véritables outils contre-hégémoniques.

[1] La décision finale d’organiser le prochain FSM dans cette région du monde a été reportée à la prochaine réunion du CI à Dhaka à l’occasion du Forum social de l’Asie en octobre prochain.

Para onde vai o Fórum Social Mundial?

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Reunidos em Paris no fim de maio, os representantes das organizações membros do Conselho Internacional (CI)do Fórum Social Mundial refletiram sobre o futuro do FSM num novo contexto, marcado pela emergência dos movimentos populares nos países árabes.

Agir no epicentro da crise

Há vários anos no Magreb e no Mashrek [1] os movimentos populares estão em marcha para elaborar novas estratégias. Sob a ameaça constante de regimes de ditaduras corrompidas ou pseudo-democracias (as “democraturas”, como as nomeou justamente o saudoso Abraham Serfati), esses movimentos também sofrem ataques das correntes reacionárias, que agem sob o manto da religião. Como nos lembraram os camaradas marroquinos, tunisianos, egípcios, cada situação é singular, caracterizada por configurações políticas, sociais, culturais, específicas. As contribuições de Kamal Labhib, de Gustave Massiah e de Samir Amin, notadamente, tem nos permitido compreender melhor a complexidade e os desafios que isso comporta para os movimentos populares num processo de longa duração.

É necessária uma intervenção

Enquanto isso, para as organizações sociais do mundo inteiro, a prioridade é resistir às diversas ofensivas imperialistas que visam reassegurar essa parte do mundo com vistas aos objetivos geopolíticos e geoeconômicos dos dominantes. O desmembramento em curso na Líbia, que se junta ao da Palestina, do Iraque, do Afeganistão, do Sudão e de outros países do “arco das crises” se inscreve numa estratégia de “gestão de crise” cujo fim é impedir toda mudança real. Para os partidos que compõem o FSM, tudo isso quer dizer dar atenção a essa situação e se solidarizar, bem como confrontar as classes dominantes nos países em que esses movimentos estão localizados, e enfim apoiar o duro trabalho de construção das redes estabelecidas pelo Fórum Magreb-Mashrek e uma miríade de organizações na região, há alguns anos.

Em função de tudo isso, é permitido esperar que um FSM na Tunísia ou no Cairo em 2013 venha a ter um efeito realmente mobilizador, um pouco como teve no caso das primeiras edições do FSM na América Latina.

Repensar o Processo do Fórum

Há pelo menos três anos que se sabe que há uma discussão em curso para reforçar o processo do FSM. Ao longo de todos os seus dez anos o FSM marcou os avanços do movimento popular, sobretudo na América Latina. Os “avanços” do FSM na Ásia, na África e na Europa também tiveram vários aspectos positivos. No entanto, está claro que a fórmula dos grandes encontros, que permitiram ao movimento popular “visualizar-se” deve ser retomada. Além disso, o último Fórum em Dakar demonstrou a vitalidade de um certo número de inovações. Pensa-se notadamente nos espaços de elaboração estratégica para os movimentos e das redes, que vão além dos diagnósticos da crise e que lançam luz sobre hipóteses estratégicas. Esses passos requerem muita preparação, por meio de pesquisas, de consultas, de diálogos cruzados entre vários movimentos. O processo implica também, além da organização de uma ou de conferências durante o Fórum, um trabalho de longa duração. As organizações e redes que participarão desse processo no próximo período serão as que agregarão valor ao FSM.

Retorno ao local

Por definição, a importância do FSM foi justamente a de tornar visível uma mundialização dos movimentos, via elaboração de uma plataforma de discussões e portanto de problemas comuns. Hoje, se esse objetivo permanece válido em várias partes do mundo, em que o processo do FSM está ainda embrionário, é menos prioritário para vários movimentos, especialmente na América Latina e na Europa, embora seja preciso distinguir as diferenças reais que separam a experiência nos diversos países. Contudo, desenvolve-se uma certa tendência a querer enraizar o Fórum em escalas locais, regionais e até municipais, onde a convergência dos movimentos pode ter um impacto imediato. Esses fóruns locais tem igualmente a vantagem de se focalizarem num certo número de temáticas que correspondem justamente às prioridades locais, o que facilita a tarefa dos movimentos que pretendem ir além no sentido da elaboração de estratégias.

Uma reorganização necessária

O FSM não foi concebido no início como uma “conferência” ou um “acontecimento”, mas como um processo facilitador de acumulação das experiências úteis aos movimentos populares na sua resistência ao neoliberalismo e na elaboração de alternativas. Certo, a importância de organizar grandes encontros era evidente nesse primeiro período, mas não é preciso fazer disso um princípio absoluto. É preciso também considerar os interesses divergentes que se expressam a esse respeito no fórum e que envolvem os movimentos altermundistas, os sindicatos, as ONGS, as redes feministas, os campesinos, os ecologistas, etc. O princípio da pluralidade e dos diálogos cruzados deve permanecer em primeiro plano. Igualmente central é a ideia de que esses diálogos cruzados devam “desembocar”, quer dizer, permitir uma melhor articulação das práticas, à luz de elaborações teóricas e isso, ao se integrar às culturas políticas diversas e às estratégias distintas postas desde o começo pelos movimentos populares.

Repensar os recursos

Ligado a esse debate está o dos recursos. O FSM é a emanação dos movimentos sociais e não um “projeto” proposto a fundações liberais, e menos ainda a estados talvez “acolhedores”, mas cujos objetivos são antinômicos aos dos movimentos. Um FSM que respire e que avance, por exemplo, deve integrar a dimensão ecológica alinhada à gigantesca batalha mundial por Pachamama, o que é contraditório com uma dependência financeira dos que preconizam o “desenvolvimento” por meio das fontes de energia fóssil. Dito isso, é preciso que as organizações sociais tomem as rédeas da organização e do financiamento do Fórum. É em todo caso possível, como demonstraram os camaradas dos Estados Unidos com a organização do Forum dos EUA no último verão em Detroit. Nesse sentido, as proposições do comitê internacional sobre os recursos permitiram identificar várias pistas promissoras para autonomizar o FSM nesse plano.

O FSM dos dez próximos anos

É muito provável que o processo do FSM seja relançado e reforçado em função das pistas oferecidas acima. De uma certa maneira, a liderança deve se renovar e passar a mão a uma nova “geração”. Os brasileiros e outros movimentos latino-americanos, que muito contribuíram sabem que essa “passagem” é necessária, mesmo que suas redes continuem ativas no Fórum, mas sem o mesmo peso e sem desempenharem o papel central que ocuparam nos últimos anos. Essa transição deve ser feita por etapas e ir de par com o desenvolvimento das redes nas diversas regiões. Enquanto isso, as novas iniciativas estão se desenvolvendo um pouco em toda parte para construir, no seio dos movimentos populares novos “intelectuais coletivos”, na tradição de Gramsci e de Bourdieu, de “intelectuais coletivos” enraizados nos movimentos, capazes de desenvolver os saberes inscritos nos movimentos e de produzir elaborações estratégicas que lhes permitam construir verdadeiras ferramentas contra hegemônicas.

Tradução: Katarina Peixoto, Carta Maior

Future options for the WSF

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Meeting in Paris last May, over 100 representatives of various social movements who sit on the International Committee of the World Social Forum deliberated on the future of the WSF, energized so to speak by the “Arab Spring”.

A new wave of struggles

For sure in that part of the world, peoples are on the march. Social movements of all kinds have coalesced to debunk apparently solid dictatorships. Moreover, the struggle continues to go beyond the ousting of old cronies, and to enter the domain of social justice and environmentally-friendly development. According to several activists who were in Paris like Kamal Labhib, Samir Amin and Gustave Massiah, the struggle is only starting and takes specific shapes in accordance to the specific national situation. What is new is the extraordinary inclusive nature of this movement, its capacity to act through decentralized networks, and the impetus to avoid subordination to the State.

At the same time, this popular movement makes no excuse of its profound anti-imperialism, as the United States and its European subordinates are working hard to “pacify” and maintain the status quo in favour of their corrupted friends in Saudi Arabia, Algeria and many other places, while threatening Tunisians, Egyptians and Palestinians if they dare to ask fundamental changes. In this context, the military intervention in Libya does not aim at “saving the people” or “defending human rights”, but to divert popular uprisings all over the Arab world and create an environment where neo-colonial adventures will continue after Libya to Syria, Yemen, Sudan and elsewhere.

Throughout the discussions in Paris, WSF supporters were convinced of the necessity to participate in this struggle. One thing sure is certain is that it is important to break the relative isolation of social movements in the Maghreb-Machrek. IC members for that reason agreed to start the discussion about organizing the next WSF either in Tunis or in Cairo, to physically manifest the solidarity of the world. It is not only to support Arab social movements by the way. The imperialist/neoliberal aggression in that part of the world is part and parcel of the global offensive against the peoples everywhere. The Maghreb-Machrek rather than an isolated conflict-ridden region is the epicentre of the world crisis, its concentrated form of inter-imperialist rivalries, resources plundering and violent repression. The incredible assaults since 2001 against African, Arab and Asian peoples were part of an “endless war”, as called for by former President Georges W. Bush, to re-establish the declining supremacy of the US-NATO alliance. The costs for the people have been tremendous, however in many ways, the aggression did not fulfill Washington’s dreams.

What we have now is a new phase of popular resistance and at the same time, more attempts by imperialism to subjugate the peoples. The stakes are enormous for social movements all over the world. Holding the next WSF in that the Arab world and preparing it by supporting social movements all over the Maghreb and the Machrek is not a moral imperative, but also a political priority.

Rethinking the Forum

In some ways, this new focus on social movements in a part of the world where there was minimal interaction encouraged the IC members to look back and to look ahead. For sure, the WSF was a tremendous asset in the rise of a new generation of social movements and popular struggles in many countries, particularly in South America. The outgrowth of the WSF in Africa, Europe, Asia and even North America facilitated the development of convergences while producing a host of new ideas, practices and theories. In the recent while, innovations like the development of specific spaces to allow social movements to plan and strategize allowed further advances, such as it was seen in Dakar last February. Indeed, many social movements are now trying to develop strategic perspectives.

The issues are old and new at the same time: how to win the “battle of ideas” against hegemonic systems controlling education, culture and media, and build a popular platform of defiance, dignity and confidence; how to build extensive and intensive alliances with different social actors, like intellectuals, indigenous, trade unions and progressive political parties; how to change the political system and break the cycle of domination by exploring and struggling for new governance. All of this and many more are on the agenda of the social movements and therefore on the agenda of the WSF. It’s a bit of a new phase really: on the positive side, enlarging the drive by social movements to change the world (and not just talk about it!), and on the negative side, considering the huge challenges coming out of the imperialist/neoliberal State system, forcing hard confrontations.

The WSF in its first ten years had a “cultural impact”, let us call it like that. It was a huge gathering, opposing the elite views (concentrated in Davos), exposing, visualizing so to speak the strength, imagination and energy of the social movements. Yet today, this dimension although still important (especially in parts of the world that have not gone through that first phase) needs to be refurbished. In South America for example, people’s struggles and social movements are confronted by new challenges. The fact that many of these movements defeated neoliberal elites and put forward left-center governments is central to the South American problematique and is actually addressed by social movements there. The relatively comfortable and friendly distance between movements and political actors is moved around by contradictory processes, whereas social movements and its cadres are integrating the new governments, and whereas the prospects for inclusive, democratic and eco-friendly development are the object of new debates and struggles.

The emphasis on focusing on local and national problematiques does not diminish the importance of the WSF process however. The holding of an international gathering of many social movements under the banner of the WSF is not the only tool, as it has been demonstrated by the expansion of local, national, regional and even thematic forums. It appears that in the next phase, these forums will expand even further more.

Reorganization

This means that the WSF which has never been in any case a “big event” will focus differently. The purpose is the same: facilitate the accumulation of forces by social movements through sharing experiences, views and strategies. It is not dependent on holding one single “big event”, although these large gatherings have also their advantages. It needs to be calibrated to the specific needs of social movements and avoid a sort of “ritualization” which sometimes comes from “social entrepreneurs” which are more present within the NGO community. NGOs have been helpful in the past, as secondary agents” and that “support-function” of theirs needs to be reiterated. Social movements must reaffirm their leadership, identify how and on what stronger articulations can be promoted through theoretical and political elaborations.

Part of this discussion is related to resources. International gatherings like the WSF cost a lot of money. In the past, participant’s contributions were prominent, especially when the local organization insisted that it should be so (like in Mumbai in 2004). Nevertheless, liberal foundations and friendly governments have also contributed heavily. While there is nothing wrong in principle from taking money that is largely “public” (through fiscal revenues), it appears that this type of funding is going to decline in the next phase. Liberal western-based NGOs are more or less all under stress. As for progressive governments, it will be more difficult to reconcile the ecologist objectives of most social movements with extractive and carbon-centered policies currently promoted by some of these left-center governments. The only option really is to strengthen the self-financing activities of WSF members. The resource committee of the WSF (an active working group within it) has interesting proposals in that regard and will launch shortly a new discussion. Some of these proposals are based on current experiments. For example, the US Social Forum in Detroit (June 2010) put together a very popular program with grassroots movements and people’s movements while remaining financially autonomous.

This is not “merely” financial or technical, but relates to the core-values and perspectives of the WSF.

The next 10 years

Social movements all many parts the world are still in an ascendant “mood”. Even when they are struggling to survive, a larger consensus is being shaped to the effect that social movements need to be at the center, and not at the periphery, of the struggle for social justice, democracy and peace. There is no other “savior”…

In the meantime, social movements are not static, they are changing and new generations are pushing up. Within the WSF, this is particularly striking with the emergence of African, Asian and Middle-Eastern movements. This is not to diminish the importance of South American and European networks but more likely, some sort of a transition is taking place. For sure, Brazilian, Argentinean, Bolivian and other South American movements will continue to have a large influence of forthcoming debates and processes, especially if they can help Asian and African movements to consolidate and play a leading role.

Parallel to that transition, a new spectrum of processes is appearing to produce new ideas, perspectives, and proposals. Some of these processes involve innovative joint explorations by intellectuals and activists, focusing on action-oriented research, investigation and analyses and therefore scaling up the debates. A new “collective intellectual” in the tradition of Gramsci and Bourdieu is breaking the boundaries between social movements and research/education networks, which will help building strategic elaborations that are required by movements in the next phase of the struggle and in order to build counter-hegemonic tools and perspectives.

Rumo ao Fórum Social em Dakar

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Os movimentos estão crescendo em países africanos. No entanto, o processo é embrionário. As redes ainda estão sendo formadas, prejudicadas pela "democraturas" que constantemente intervêm no setor do voluntariado para reprimir, controlar, erradicar os militantes muito ativos, etc.

Há dois anos, o Fórum Social Mundial está se preparando para realizar a sua oitava edição, em Dakar (Senegal). Esta decisão foi validada pelo Conselho Internacional do FSM, composto por centenas de movimentos sociais de todo o mundo, que se reúne regularmente, como em Montreal em outubro de 2009. O FSM 2011 está sendo organizado sob a responsabilidade de uma secretaria senegalesa apoiada pelo Fórum Social Africano.

Por que Dakar?

Esta é a segunda vez que o FSM será realizado na África, tendo a primeira sido em Nairobi (Quenia) em 2007. Na primeira experiência africana, os problemas foram muitos no nível organizativo e logístico, mas também no nível da política. O FSM, em Nairobi, em vez de ser um espaço de convergência de movimentos sociais de quenianos e africanos foi um "evento", uma série de palestras. É verdade que, para desempenhar plenamente o seu papel, o FSM não pode apenas refletir a realidade do local (ou regional), sendo uma ferramenta de facilitação, não um substituto. Na verdade, os movimentos quenianos não estavam preparados para uma tal aventura. Eles não foram apoiados por movimentos nos países vizinhos, onde crises galopante, e onde as organizações de base são fracas e desarticuladas.

A escolha do Dakar foi feita após alguns debates. Os movimentos sociais na parte ocidental da África, especialmente nos países do Sahel (Senegal, Mali, Burkina Faso, Níger, Mauritânia), realmente ganharam alguma força nos últimos anos. Eles estão tentando desenvolver alternativas no âmbito dos Estados semi-democráticos e sob o controle das instituições financeiras internacionais como o Banco Mundial eo FMI. A tarefa, pode-se imaginar, não é fácil.

No Senegal, como tal, há uma certa efevercência em vários setores. Há lutas urbanas em torno do acesso à energia elétrica e serviços de saneamento em uma cidade que é na verdade uma favela para a grande maioria das pessoas e das organizações , e onde redes começaram a proliferar como o Comitê de Iniciativa de Mobilização Alternativa Cidadã. No Mali, Burkina Fasso e Níger, os movimentos populares ganharam um pouco de força no domínio dos camponeses, no nível de educação através de redes de rádio comunitária. Em vários países vizinhos, também há duras lutas pela democracia na Costa do Marfim, Nigéria, entre outras. O processo do Fórum Social existe em países onde há a realização de fóruns nacionais e regionais. Também relativamente perto, há o processo de Fórum Social Magreb, onde as organizações operam no Marrocos, principalmente. Finalmente, os movimentos estão crescendo em outros países africanos, principalmente nas lutas contra as políticas neoliberais, na África do Sul, em Moçambique e na Zâmbia, por exemplo.

Em toda parte, no entanto, o processo é ainda embrionário. As redes ainda estão sendo formadas, prejudicadas pela "democraturas" que constantemente intervêm no setor do voluntariado para reprimir, controlar, erradicar os militantes muito ativos, etc. Eles permanecem na vanguarda.

A influência das ONGs

Há também muitos outros obstáculos para os movimentos sociais africanos. Os partidos de esquerda também estão fracos, ou, como é o caso da África do Sul, cooptados pelo poder (o Partido Comunista Sul-Africano? Implementado com o ANC). Divisões profundas, algumas fraturas regionais e comunitárias em vários estados, dispersam a esquerda em micro-movimentos, muitas vezes, hostis entre si. No entanto, existem exceções positivas, como o movimento SADI Mali, ancorado nos movimentos sociais.

Num outro registro, a África é o continente onde proliferam as organizações não-governamentais, que são heterogêneas e não constituem um "movimento", na acepção da palavra. As ONG são frequentemente iniciativas locais, animadas por uma comunidade de indivíduos (mais ou menos próximos do Estado), e que querem melhorar a vida das pessoas, sem necessariamente expressar o desejo de transformar as estruturas que causam a pobreza e exclusão. Novamente, há exceções, como o organismo Alternativa cidadã em Niamey (Níger), que facilita as redes associativas politizadas.

As ONGs africanas dependem fortemente (quase excluisivamente), de subsídios externos, levando-os a compromissos prolongados ou efêmeros com estruturas de doação. Estas são estatais (como a canadense ACDI) ou multilaterais (ONU, Banco Mundial) ou atores não-estatais (ONGs internacionais). Em graus variados, esses compromissos são problemáticos. As doações são raramente "neutras" e incentivam (pra dizer o mínimo) as ONGs a realizarem programas e projetos dentro da lógica dos dadores e as suas políticas, quase todas neo-liberais. Em termos de ONGs internacionais, a paisagem está cheia, ou de algumas ONGs que vêm ou estão perto de movimentos populares e, portanto, suscetíveis de apoiar as iniciativas locais abertas à transformação social. Este é o caso, por exemplo, das ONGs internacionais que apoiam o FSM e seu processo, como Novib (Países Baixos), a Secours Catholique (França), Action Aid (Inglaterra), Alternativas (Quebec) e muitas outras.

No FSM, os esforços são dedicados a garantir que o processo do Fórum não seja uma prerrogativa das ONGs, mesmo com as melhores intenções. Mas é difícil, especialmente na África. As ONG são frequentemente as únicas entidades que têm os meios e recursos para investir, incluindo a participação nas reuniões do FSM.

Encontro africano: 6 a 11 de fevereiro de 2011

O FSM será efetivamente realizado em Dakar, em fevereiro próximo. A Universidade Cheikh Anta Diop será a anfitriã e esperamos pelo menos 50 mil participantes de todo o mundo, principalmente da África. Os temas já estão determinados:

* A crise do capitalismo * Capacitação * lutas alternativas * A solidariedade Sul-Sul * O papel das diásporas.

Uma chamada foi feita para todos os movimentos sociais que propõem atividades dentro de um ou mais entre esses eixos. (Veja como se cadastrar no site http://fsm2011.org/fr/)

A programação geral é a seguinte:

* 06 de fevereiro: Marcha de Abertura * Em 07 de fevereiro: Jornada africana e da diáspora. Dias 8-9 fevereiro: Jornadas * auto-geridas * Dia 10 de fevereiro: Jornada de convergência: assembléias temáticas * 11 de fevereiro: Dia de Encerramento.

Durante o Fórum em si, há vários fóruns temáticos: Fórum sobre a teologia da libertação, Ciências e Democracia, o Fórum Intersindical, Fórum das autoridades locais, o Fórum Parlamentar, o Fórum Mundial dos moradores (a lista não é exaustiva ). Além disso, haverá, como já é habitual, a Assembleia dos Movimentos Sociais, que visa promover a interação e o desenvolvimento de estratégias comuns para os movimentos que o desejem (que não se vincula ao FSM como tal).

Questões Logísticas

Em resposta ao fiasco financeiro de Nairobi, o comitê organizador do FSM em Dakar apresentou sua proposta. O orçamento total é de aproximadamente U$ 5 milhões, e advém de assinaturas e apoios de algumas grandes ONGs internacionais progressistas. A princípio, a taxa de inscrição será modesta, U$ 0,5 para os africanos e U$ 10 para os participantes não-africanos. E não haverá contratos privados (como em Nairobi) para gerenciar a água, o saneamento e a alimentação. Para a hospedagem, os participantes podem escolher entre os hotéis locais, albergues, alojamento em casa de família, camping, etc.

Para a tradução, a rede Babels pretende deslocar 500 intérpretes voluntários, o que deverá facilitar o diálogo multi-lingual, em vez de favorecer uma língua, visando também a promoção das línguas utilizadas no Senegal e na África (wolof, suaíli, por exemplo).

Indo para Dakar

As organizações latino-americanas, particularmente envolvida no FSM e suas próprias lutas, decidiram fazer um esforço extra para participar do FSM 8. Para algumas delas, incluindo o Brasil, o engajamento latino-africano é fundamental para mudar o mundo, e também para mudar os movimentos sociais e a esquerda, ainda muito eurocêntrica.

Por outro lado, todos concordam, o FSM, com todas as suas limitações, continua a ser uma ferramenta importante para o fortalecimento dos movimentos e de alternativas. Mais político sem ser necessariamente partidário, o FSM é um espaço em que deliberam os movimentos que compartilham uma base comum contra o neoliberalismo, e têm interesse em compartilhar suas estratégias e táticas. É pouco, mas isso é muito, considerando o fato de que, desde 2001, em Porto Alegre, muito progresso foi feito. Não só o pensamento único (neo-liberal) foi refutado, mas muitas alternativas têm sido construídas. Certamente, para aqueles que se esqueceram (!), a marcha à frente de nós é, provavelmente, muito mais longa que a que deixamos para trás.

Tradução: Thiago Novaes/Ciranda

Ver online : E-Joussour

Vers le Forum social de Dakar

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Le choix de Dakar a donc été fait après certains débats. Les mouvements sociaux dans la partie ouest de l’Afrique, notamment dans les pays sahéliens (Sénégal, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie) ont effectivement acquis une certaine force depuis quelques années.

Depuis déjà deux ans, le Forum social mondial s’est engagé à tenir sa huitième édition à Dakar (Sénégal). Cette décision a été validée par le conseil international du FSM, composé d’une centaine de mouvements sociaux d’un peu partout dans le monde, et qui se réunit régulièrement, comme à Montréal en octobre 2009. Le FSM de 2011 est donc en voie d’être organisé sous la responsabilité d’un secrétariat sénégalais appuyé par le Forum social africain.

Pourquoi Dakar ?

Ce sera la deuxième fois que le FSM aura lieu en Afrique, la première fois ayant été à Nairobi (Kenya) en 2007. Lors de cette première expérience africaine, les problèmes ont été nombreux au niveau organisationnel et logistique, mais aussi au niveau politique. En fin de compte, le FSM de Nairobi, au lieu d’être un espace de convergence des mouvements sociaux kenyans et africains a été un « évènement », une série de conférences. Il est vrai que pour jouer pleinement son rôle, le FSM ne peut qu’être le miroir des réalités locales (ou régionales), un outil de facilitation, et non un substitut. En réalité, les mouvements kenyans n’étaient pas prêts pour une telle aventure. Ils n’ont pas été secondés par ailleurs par les mouvements des pays environnants où sévissent diverses crises, et où les organisations populaires sont faibles, voire désarticulées.

Le choix de Dakar a donc été fait après certains débats. Les mouvements sociaux dans la partie ouest de l’Afrique, notamment dans les pays sahéliens (Sénégal, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie) ont effectivement acquis une certaine force depuis quelques années. Ils tentent de développer des alternatives dans le contexte d’États semi-démocratiques et sous la coupe des institutions financières internationales comme la Banque mondiale et le FMI. La tâche, on peut l’imaginer, n’est pas facile.

Au Sénégal comme tel, on note une certaine effervescence dans divers secteurs. Des luttes urbaines se font autour de l’accès à l’électricité et les services sanitaires, dans une ville qui est en fait un bidonville pour la grande majorité des habitants et où prolifèrent réseaux et organisations comme le Comité d’Initiative pour une Mobilisation Alternative Citoyenne. Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les mouvements populaires ont acquis une certaine force dans le domaine paysan, au niveau de l’éducation, via les réseaux de radios communautaires. Dans plusieurs pays voisins, il y a également des luttes dures pour la démocratie, en Côte d’Ivoire, au Nigeria, notamment. Le processus du Forum social existe dans ces pays où se sont tenus des Forums nationaux et régionaux. Relativement proche également, il y a le processus du Forum social maghrébin où sont actifs les organisations marocaines, principalement. Enfin, des mouvements se développent dans d’autres pays africains, principalement dans des luttes contre les politiques néolibérales, en Afrique du Sud, au Mozambique, en Zambie, par exemple.

Partout cependant, le processus est encore embryonnaire. Les réseaux sont encore en voie de formation, handicapés par les « démocratures » qui ne cessent d’intervenir dans le monde associatif pour réprimer, contrôler, réprimer, faire disparaître des militants trop actifs, etc. On reste sur le fil du rasoir. L’influence des ONG

Il y a aussi beaucoup d’autres obstacles devant les mouvements sociaux africains. Les partis de gauche sont également faibles, ou encore, comme c’est le cas en Afrique du Sud, cooptés par le pouvoir (le Parti communiste sud-africain œuvre avec l’ANC). De profondes divisions, certaines découlant des fractures régionales et communautaires au sein des divers États, éparpillent la gauche en de micro mouvements, souvent hostiles les uns aux autres. Il y a cependant des exceptions positives, comme le mouvement SADI au Mali, bien ancré sur les mouvements sociaux.

Sur un autre registre, l’Afrique est le continent où prolifèrent les organisations non-gouvernementales, qui sont hétérogènes et ne constituent pas un « mouvement » au sens propre du terme. Les ONG sont souvent des initiatives locales, animées par une communauté, des personnalités (plus ou moins proches de l’État) et qui veulent améliorer la vie des gens, sans nécessairement exprimer une volonté de transformer les structures qui génèrent la pauvreté et l’exclusion. Encore là il y a des exceptions, comme l’organisme Alternative citoyenne à Niamey (Niger) et qui anime des réseaux associatifs politisés.

Les ONG africaines dépendent beaucoup (presqu’exclusivement) des subsides extérieurs, ce qui les amène à des engagements prolongés ou éphémères avec les structures de dotation. Celles-ci sont étatiques (comme l’ACDI canadienne) ou multilatérales (l’ONU, la Banque mondiale) ou non-étatiques (les ONG internationales). À des degrés divers, ces engagements sont problématiques. Les dons sont rarement « neutres » et encouragent (pour ne pas dire pire) les ONG à réaliser des programmes et projets s’inscrivant dans la logique des donateurs et de leurs politiques, presque toutes néolibérales. Au niveau des ONG internationales, le paysage est plus ample, certaines ONG provenant ou étant proches des mouvements populaires, et donc susceptibles d’appuyer les initiatives locales qui œuvrent à la transformation sociale. C’est le cas, par exemple, des ONG internationales qui appuient le FSM et son processus, tel Novib (Pays-Bas), Secours catholique (France), Action Aid (Angleterre), Alternatives (Québec) et bien d’autres.

Au niveau du FSM, des efforts sont consacrés pour faire en sorte que le processus du Forum ne soit pas l’apanage des ONG, mêmes les mieux intentionnées. Mais c’est difficile, surtout en Afrique. Les ONG sont souvent les seules entités qui ont les moyens et les ressources pour s’investir, y compris pour participer aux rencontres du FSM.

Rendez-vous africain : 6 au 11 février 2011

Entre-temps, le FSM aura bel et bien lieu à Dakar en février prochain. C’est l’Université Cheikh Anta Diop qui sera l’hôte et on espère au moins 50 000 participants du monde entier principalement de l’Afrique. Les axes thématiques ont déjà été déterminés :

* La crise du capitalisme * Le renforcement des luttes * La construction des alternatives * La solidarité Sud-Sud * Le rôle des diasporas

Un appel a été lancé à tous les mouvements sociaux pour qu’ils proposent des activités s’inscrivant dans l’un ou l’autre de ces axes. (voir comment s’inscrire sur le site http://fsm2011.org/fr/)

Le calendrier global est le suivant :

* 6 février : Marche d’ouverture * 7 février : Journée africaine et de la diaspora * 8-9 février : Journées autogérées * 10 février : Journée des convergences : assemblées thématiques * 11 février : Journée de clôture

En marge du Forum comme tel, il y aura plusieurs forums thématiques : Forum sur la théologie de la libération, Forum sciences et démocratie, Forum intersyndical, Forum des autorités locales, Forum parlementaire, Forum mondial des habitants (la liste n’est pas exhaustive). De plus, il y aura, comme c’est devenu l’habitude, l’Assemblée des mouvements sociaux qui vise à favoriser l’interaction et le développement de stratégies communes pour les mouvements qui le désirent (cela n’engage pas le FSM comme tel).

Questions logistiques

En réaction au fiasco financier de Nairobi, le comité organisateur du FSM de Dakar a bien prévu ses affaires. Le budget total est environ 5$ millions de dollars, et provient des souscriptions et des appuis de quelques gros ONG internationales progressistes. D’emblée, les frais d’inscription seront modestes, de 0,5$ pour les Africains à 10$ pour les participants non-africains. Et il n’y aura pas de contractuels privés (comme à Nairobi) pour gérer l’eau, la sanitation, la nourriture. Pour le logement, les participants pourront choisir entre les hôtels locaux, les auberges, l’hébergement chez l’habitant, le camping, etc.

Pour la traduction, le réseau Babels promet de déployer 500 interprètes bénévoles, ce qui devrait faciliter les dialogues multilinguistiques au lieu de favoriser une seule langue, et également en favorisant les langues largement employées au Sénégal et en Afrique (le wolof, le swahili, par exemple). En avant pour Dakar

Les organisations latino-américaines, particulièrement engagées dans le FSM et leurs propres luttes, ont décidé de faire un effort supplémentaire pour participer à ce 8e FSM. Pour certaines d’entre elles, notamment au Brésil, l’engagement latino-africain est fondamental, pour changer le monde, et aussi pour changer les mouvements sociaux et la gauche, encore trop européocentriques.

D’autre part, tous en conviennent, le FSM, avec toutes ses limites, demeure un outil important pour le renforcement des mouvements et des alternatives. Plus politique sans être nécessairement partisan, le FSM est un espace dans lequel délibèrent des mouvements qui ont une base commune contre le néolibéralisme, et qui ont intérêt à échanger sur leurs stratégies et leurs tactiques. C’est peu, mais c’est déjà beaucoup, considérant le fait que, depuis 2001 à Porto Alegre, beaucoup de chemin a été parcouru. Non seulement la pensée unique (néolibérale) a été refoulée, mais de nombreuses alternatives ont été construites. Certes pour ceux et celles qui l’oublieraient ( !), la marche devant nous est probablement plus longue que celle qui est derrière.

P.-S.

Alternatives organise une délégation québécoise vers Dakar. Contactez Caroline Tagny pour en savoir davantage

Par Pierre Beaudet

Voir en ligne : E-Joussour


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