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Quel est l’impact de l’accès à Internet dans les insurrections ?

quarta-feira 23 de março de 2011, por Jillian York

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Peut-il un petit groupe d’utilisateurs d’Internet guider un mouvement à un niveau national?

Au moment où le débat est en cours sur le rôle des médias sociaux dans les révolutions qui secouent le Moyen-orient et l’Afrique du nord, une question se pose : jusqu’à quel point l’accès à Internet a permis un rôle déterminant d’ Internet et des médias sociaux dans ces insurrections?

En Egypte et en Tunisie, de nombreux observateurs attribuent un rôle important aux réseaux virtuels alors que d’autres remettent en discussionce facteur ; la plupart d’entre eux se situent au milieu, en reconnaissant le rôle d’Internet tout en restant réalistes sur ses limites.

Sur mon blog personnel, j’ai formulé la question d’une manière un peu différente,en demandant:

La question que l’on devrait se poser sur le rôle d’Internet (celui des portables est naturellement différent) est, alors, jusqu’à quel point les indicateurs de base comme la pénétration d’Internet et de la téléphonie mobile influencent l’effectivité de ces outils dans des buts d’organisation ou révolutionnaires? Ou bien, un petit groupe d’utilisateurs d’Internet peut-il guider un mouvement à un niveau national?

Mais en comparant les rôles d’Internet en Egypte (où selon plusieurs sources, le taux de pénétration varie entre 20 et 25 pour cent) et la Tunisie (où ce taux approcherait les 35 pour cent) avec les taux de pénétration d’Internet dans d’autres pays, on doit prendre en considération l’accès dans chaque pays. En Libye par exemple, l’accès à Internet ne touche qu’environ 5 pour cent de la population. Les statistiques sur chaque réseau de médias sociaux sont aussi importantes lorsqu’on considère leur rôle dans un mouvement insurrectionnel. La chaine de télévision CNN dispose d’une excellente carte montrant (ici) les taux de pénétration de Facebook et d’Internet au Moyen-rient et en Afrique du nord.

Le blogueur Andrew Trench a présenté récemment une théorie sur le seuil à partir duquel le taux de pénétration d’Internet commence à compter, en écrivant:

"On a attribué un rôle important aux réseaux sociaux aussi pour le déroulement de la révolution en Égypte.

J’ai été, donc, vérifier les chiffres sur le site www.internetworldstats.com pour voir ce qu’ils nous révèlent sur ces deux scénarios. Bien, il est intéressant de noter que l’Égypte et la Tunisie ont enregistré une croissance rapide du nombre d’utilisateurs d’Internet et du taux de pénétration d’Internet au cours des 10 dernières années. Tous les deux pays ont maintenant un taux de pénétration d’Internet de plus de 20 pour cent et dans le cas de la Tunisie il atteignait même 34 pour cent.

Il serait naturellement simpliste de surestimer le rôle de cette pénétration et il doit falloir de nombreux autres éléments qui contribuent à des insurrections politiques aussi rapides, mais il est évident qu’elle constitue un facteur, comme le prouve le fait que le régime égyptien ait coupé l’accès à Internet dans le pays dans une tentative d’arrêter la poussée nette de l’insurrection.

Ma théorie, griffonnée au dos d’une serviette de papier, est celle-ci : une croissance rapide du taux de pénétration d’Internet sous un régime répressif joue un rôle important car il fournit une voie de communication incontrôlable permettant à des citoyens découragés de partager leurs points de vue - et de manière encore plus importante de s’organiser et de se mobiliser rapidement.

Si l’Égypte et la Tunisie sont des études de cas valables, il semble que le seuil de pénétration doive atteindre 20 pour cent pour pouvoir compter."

Geopolitics & Macroeconomics ajoute :

" Taux de pénétration d’Internet : certains réseaux de sites étaient critiques sur son rôle dans ses insurrections. Le taux de pénétration d’Internet est de 16 pour cent en Égypte. En Libye, il est à peine 5 pour cent 5% [1]. Les insurrections en Libye se sont concentrées dans des régions géographiquement éloignées du centre ‘réel’ du pouvoir (voir ci-dessous pour plus de détails). La corrélation entre l’envergure de l’insurrection et la communication par Internet est plus grande en Libye qu’en Egypte où l’insurrection a commencé dans la ville du Caire même".

Reprenant le fil de la conversation depuis le Pakistan, Sabene Saigol écrit, sur le blog BrandRepublic :

" Peut-être qu’une des raisons pour cet état de fait est que nous ne sommes pas encore habitués à communiquer par le Net. Peut-être nous avons besoin d’une vitesse de connexion plus grande et d’un taux plus élevé de pénétration d’Internet. Personnellement, je pense que cela dépend plus de la culture. Alors que les utilisateurs pakistanais d’Internet savent comment utiliser les médias sociaux pour se connecter avec des amis, je pense qu’ils ne sont pas “arrivés” au point de considérer les réseaux sociaux comme des moyens de communication professionnels, ou encore moins un outil de communication sociale qui aille au-delà de leur cercle restreint. Oui, il n’y a pas de doute, les personnes qui maitrisent Internet - aussi bien dans les milieux du marketing que de la technol0gie, et au-delà - cependant, ne forment qu’une infime partie du nombre total des utilisateurs du Net et des médias sociaux".

Le rôle de la téléphonie mobile attire encore moins l’attention des médias que celui d’autres technologies. Et pourtant, le taux de pénétration de la téléphonie mobile est plus élevé dans cette région du monde que celui d’Internet. Seuls le Yémen, les Territoires palestiniens occupés et la Syrie enregistrent moins de 50 pour cent d’abonnés à la téléphonie mobile dans leur population. De nombreux pays du Moyen-orient et d’Afrique du nord, dont l’Arabie saoudite, Oman et les Émirats vantent des taux d’abonnés de plus de 100 pour cent. MobileActive fournit des données détaillées de la pénétration de la téléphonie par pays.

Micah Sifry, écrivant pour TechPresident, a aussi analysé la téléphonie mobile, soutenant que :

Le facteur le plus important dans le déroulement des évènements, pour moi, semble être le pouvoir émergeant des jeunes, renforcé par leurs taux d’urbanisation et d’accès à la téléphonie mobile. Si on prend en considération les données disponibles sur le degré de pénétration d’Internet, le nombre d’abonnés à la téléphonie mobile sur 100 habitants, le taux de personnes âgées de moins de 15 ans et le degré d’urbanisation, ce qui frappe c’est la plus grande importance de ces trois derniers facteurs".

Sifry ajoute:

A l’exception du Yémen, le taux de couverture par la téléphonie mobile dans les cinq autres pays que j’ai examinés –Égypte, Tunisie, Syrie, Jordanie et Iran–varie entre 98% et 100%.

Enfin, le taux de pénétration de la téléphonie mobile a explosé beaucoup plus vite que celui d’Internet. A l’exception de la Jordanie, qui enregistrait 23 pour cent d’abonnés à la téléphonie mobile en 2002, dans les cinq autres pays, le pourcentage de personnes possédant un téléphone mobile était inférieur à 10 - - Il était, alors, seulement six pour cent en Égypte et en Tunisie. Il a bondi à 76 pour cent en 2007 en Tunisie et à 40 pour cent en Egypte, d’après MobileActive.org.

Sommes-nous entrain d’assister à l’arrivée de l’âge de la Génération Texto ?

* Pour ceux qui seraient intéressés par plus d’informations sur les taux de pénétration d’Internet au niveau global, deux organisations publient ces données: l’Union internationale des Télécommunications et la Banque mondiale. Quelques fois, leurs statistiques diffèrent. Le site web Internet World Stats consolident leurs données ainsi que celles d’organisations plus petites ou plus focalisées localement.

* Pour ceux qui seraient intéressés par plus d’informations sur les taux de pénétration d’Internet au niveau global, deux organisations publient ces données:l’Union internationale des Télécommunications et la Banque mondiale. Quelques fois, leurs statistiques diffèrent. Le site web Internet World Stats consolident leurs données ainsi que celles d’organisations plus petites ou plus focalisées localement.

http://jilliancyork.com/2011/03/01/internet-mobile-access-and-social-movements-libya-madagascar-beyond/

Traduit par Abdoulaye Bah

Ver online : Global Voices

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