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“La communication partagée et stratégique pour le FSM”

quinta-feira 10 de fevereiro de 2011, por Terezinha Vicente , Terezinha Vicente Terezinha Vicente Terezinha Vicente

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Traduit par Imène Kibboua

Jamais l’information et la communication n’ont été aussi discutées dans le monde. La discussion sur les nouvelles technologies et de leur rôle stratégique occupent une place importante dans ce FSM de Dakar. Le pouvoir politique de ces nouveaux outils, les réseaux de communication qui se transforment en grandes affaires et leur gestion pour la démocratisation de la communication et la transformation de la réalité seront au débat, avec la présence du sociologue portugais Boaventura de Sousa Santos. Pour les participants, il est nécessaire que les mouvements et organisations comprennent que la communication est une stratégie prioritaire, et qu’il est nécessaire de l’introduire dans toutes les luttes.

“Je pense que le grand problème que nous avons est le souci de savoir à qui va bénéficier Wikileaks. L’impérialisme apprend toujours plus vite que les forces anticapitalistes‟, dit le professeur. Il cite comme exemple paradigmatique la révolution cubaine; dès que les gauches d’Amérique Latine débattent de la révolution, l’impérialisme essaie de créer par la suite une "alliance pour le progrès‟ afin de la combattre. “Wikileaks est une métaphore de la communication insurgée, parce qu’elle viole des secrets de l’état et des corporations; parce que les secrets sont fondamentaux pour eux. Je pense que nous devons avoir accès à ces informations par Wikileaks avant qu’elles ne soient traitées par les grands médias car il y a des informations importantes pour les mouvements sociaux qui ne doivent pas être dévoilées.‟

Pour Jamie Mccielland, de la May First/People Link,oOrganisation associative orientée vers la discussion sur internet, à New York; "la reconnaissance du travail de Wikileaks, les attaques qu’ils ont reçues suite aux divulgations des information secrètes et la résistance et mobilisation générées dans le monde, prouvent que ces débats sont plus complexes et que nous ne sommes pas protégés contre ce genre d‟attaques, mais ils ont aussi démontré la faiblesse du système capitaliste qui utilise ces mêmes outils, et qu’aujourd’hui l’activisme sur internet est très représentatif”.

Comme dit le professeur Boaventura, en 2003, l’information rapide a été fondamentale pour les Etats-Unis au moment de justifier leur invasion de l’Iraq, mais la lutte ne fut pas efficace. Il y a quelques semaines, nous avons vu à quel point l’information peut être rapide et efficace, dans les cas de la Tunisie et de l’Egypte. “Nous ne voulons pas des Caires globaux mais plusieurs Caires en même temps. Je pense que le défi est de synchroniser nos mouvements, exerçant une pression de manière convergente. Selon lui, attaché depuis le début au FSM, ceci est notre grand défi. “Nous sommes capables de synchroniser des actions au niveau national; mais pas encore capables d‟en synchroniser au niveau international, pour déstabiliser les gouvernements contre un autre monde possible.”

Synchroniser les actions est nécessaire

“Comment obtenir des informations pas encore divulguées par Wikileaks?”, demande Boaventura. “Pour cela, le FSM devrait changer; je lance un défi au Conseil International, afin de donner plus de capacités à la commission de communication, car il y a beaucoup d’informations utiles aux mouvements et quand nous aurons ces informations, il sera donc possible de les traiter. Nous devrions former une commission pour que nous puissions bénéficier de toutes les informations de Wikileaks”.

La façon dont ont été divulguées les informations, le rôle des journalistes, la médiation, les grands médias, sont des aspects questionnés par Hilde Stephansen, activiste de communication de la Goldsmiths, Université de Londres. “Nous devons penser à comment un grand média a été responsable de cette médiation, comment un media alternatif peut travailler avec Wikileaks de façon similaire, car la communication comprend cette chose dialogique, qui va et qui vient; nous devons parler du processus, car ne parler que de technologie ne suffit pas”. Cet aspect, autant que la question de manque de privacité pour lesquels nous devons utiliser ces outils ont été largement questionnés par les assistants.

Rita Freire, coordinatrice du Ciranda qui, depuis sa première rencontre, se charge de la couverture a Porto Alegre, déclare quant au puissant outil politique: "Internet et l’utilisation des technologies est dans au centre des disputes mondiales sur le monde dans lequel nous vivons actuellement, et celui auquel nous voulons arriver". Le concept de la communication partagée a été hébergé par le FSM, quand a été introduit l’accord entre communicateurs et medias alternatifs sur l’usage collectif et collaboratif des technologies, une proposition qui, depuis dix ans, accompagne le SFM, incorporant de nouvelles initiatives de communication.

Il n’y a aucun plaisir à danser virtuellement

Autre question mise en évidence est celle se rapportant aux mobilisations dans le Nord africain, qui ont commencé en passant par les partis politiques et les mouvements sociaux, démontrant ainsi qu‟il existe un terrain fertile pour l’insurrection contre les états antidémocratiques : "toute communication virtuelle est aujourd’hui un grand défi pour les mouvements sociaux, car je crois que cette division que nous faisons des mouvements avec les citadins non organisés doit être surpassée; ils ont la capacités de se mobiliser et de s’engager dans un moment déterminé.‟

Selon l’analyse de Boaventura: "Ces manifestations, par exemple, sont très efficaces pour faire tomber les dictateurs, comme c‟’st le cas en Tunisie, mais j’ai peur qu’ils veuillent changer le système et passer à une autre dictature, pro américaine, pro Israël, anti Palestine et anti Hamas.‟ "Je crois que nous devrions créer un autre type de relation entre le mouvement social et virtuel, ce forum est un face-à-face fondamental avec les problèmes d’organisation, car nous avons besoin d‟une autre connexion entre le monde réel et virtuel.‟
"Nous avons l‟espoir que tous aient rapidement accès à ces nouvelles technologies, mais malheureusement, la plupart des personnes et des organisations n‟ont pas encore de contact direct avec l’informatique, et n‟arrivent pas à communiquer avec le monde.‟

"Nous luttons en même temps pour l’infrastructure, pour la collaboration et pour la solidarité‟, déclare Rita Freire. "Par communication partagée, nous ne désignons pas l’internet uniquement, mais de travailler aussi fortement avec les radios communautaires, et en des collaborations qui permettent à ceux qui produisent un contenu de le distribuer à ceux qui dialoguent et sont en contact direct avec ces communautés par les moyens disponibles.‟
Pour le professeur, il est nécessaire de développer la proposition de l’université populaire, surgie en 2003, pour que nous puissions réunir les mouvements sociaux les plus divers et discuter des problèmes et des préconceptions qui réellement empêchent les actions conjointes.
"La communication entre les mouvements devrait être horizontale. Ceci n‟est pas dû au une hiérarchisation existante.‟ Poursuit le professeur.

Les différences culturelles sont à l’origine de concepts différents et présentent pour cela un autre problème: "le concept de la diaspora en Amérique du Nord n‟a rien avoir avec celle de l’Asie, et encore moins avec celle de l‟Afrique; le socialisme, concept approprié pour nombreux d‟entre nous, est considéré par les indigènes comme un piège élaboré par les banques.‟

"Le contacte réel, le face-à-face sera toujours fondamental, car il n’y a aucun plaisir à danser virtuellement‟, conclut Boaventura. „Les gens continuent à faire la différence entre communiquer et agir, c’est ça le problème majeur. Pour cela, je pense que la commission de la communication doit etre plus centrale dans le FSM, nous devons changer le paradigme de la communication. La communication partagée est un grand défi.‟


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