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10 heures dans les mains de l’occupation israélienne

quarta-feira 18 de maio de 2011, por Rita Freire, Rita Freire Rita Freire Rita Freire

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La journaliste Soraya Misleh, de Ciranda, relate ce qui s’est passé avec trois autres brésiliens qui sont allés à la frontière de la Jordanie et de Israel

Traduction : Marie Paumier

Un message venu d’un groupe de quatre brésiliens qui font partie du mouvement Palestine Libre révèle le totalitarisme utilisé par l’État d’Israël pour empêcher que palestiniens et descendants retournent à leur terre d’origine. Soraya Misleh, Hasan Zarif, Muhamad Kadri et Ibrahim Hammoud ont quitté le Brésil le 13 pour participer et « appuyer les manifestations pacifiques pour rappeler le jour de la Nakba palestinienne et exiger le droit inaliénable du retour du peuple palestinien », comme l’explique le message.

Le 15 mai, jour de la Nakba, ils étaient déjà parmi les réfugiés palestiniens en Jordanie, ils accompagnaient les protestations et ils faisaient partie d’un grand rassemblement aux frontières palestiniennes occupées par Israël, et qui fut réprimé avec violence par les forces de l’occupation.

Un jeune de Jordanie est mort, suscitant la colère dans la population et les camps de réfugiés, et l’espoir reste que les manifestations continuent aux frontières. Plus de dix manifestants sont morts au Liban, dans ces mêmes célébrations de la Nakba - qui désigne la catastrophe liée à l’expulsion du peuple palestinien le 15 mai 1948 pour donner naissance à l’État d’Israël.

Détention à la frontière

Ce lundi, le groupe brésilien a tenté d’entrer en Palestine en mission d’observation et en solidarité au mouvement pour une Palestine Libre, mais il a été empêché par les forces de l’occupation.

« Nous sommes restés sept heures à subir des intimidations, isolés les uns des autres, menacés. Nous avons souffert de torture psychologique, de privations, et de fouilles corporelles et de nos affaires. Nous avons été traités comme de vrais criminels », disent-ils dans le message.

Soraya Misleh, journaliste de Ciranda et participante du mouvement, informe que les brésiliens restent effarés face à l’intolérance des manifestations pacifiques et au total irrespect des droits des personnes détenues. « Je suis sous le choc et très indignée », dit-elle. « Ils nous ont intimidés par tous les moyens, pendant plusieurs heures consécutives ».

Le groupe dit avoir senti dans la peau que « la criminalisation des mouvements sociaux pour lesquels nous combattons autant est une pratique banale de la part de l’État sioniste » et que « plusieurs brésiliens et brésiliennes descendants d’arabes ou activistes sont déjà passés par cette situation inacceptable ».

Go back to Jordan!

Les quatre brésiliens porteront maintenant un passeport tamponné d’une « entrée refusée » dans l’État d’Israël, ce qui dans la pratique les empêchera de rendre visite à leur famille, leurs amis, ou de participer à d’autres missions solidaires au peuple palestinien. Cela en plus de leur causer d’autres désagréments lors de voyages internationaux, nécessaires quand il s’agit d’appuyer les causes d’un peuple expulsé de son propre pays.

Soraya était déjà en Palestine avant, participant aux activités du Forum Mondial sur l’Éducation, faisant la couverture journalistique pour la presse alternative brésilienne et de l’univers du Forum Social Mondial. Les passeports tamponnés leur ont été retournés sans aucune explication. Selon le groupe, tout ce qu’ils ont entendu fut : « Go back to Jordan! » (« Retournez en Jordanie »).

« Ils nous ont reconduits à la sortie et nous ont mis dans un autobus dans lequel nous sommes restés presque deux heures avec un homme d’origine arabe, bannit lui aussi ». Pendant tout ce temps, ils n’avaient pas l’autorisation de sortir du local, encore une fois sans justification. « En tout, nous avons passé presque dix heures sans manger et sans boire - nous avons pris un verre d’eau et deux biscuits après avoir beaucoup insisté et fait pression ».

Considérant que ce n’est pas un cas isolé, qu’ « il y a plusieurs faits rapportés de discrimination, surtout contre les activistes et les citoyens et les citoyennes d’origine arabe » et que les israéliens « ne seraient jamais traités ainsi au Brésil », le groupe souhaite avoir le soutien du gouvernement brésilien et demande au mouvement social de faire pression par des moyens pour qu’« aucun brésilien ne revive cela ».

Ce mardi, le groupe ira à l’ambassade brésilienne de Amman pour dénoncer les mauvais traitements et les abus dont il a été victime, exigeant du gouvernement du soutien envers une attitude arbitraire d’Israël contre les citoyens brésiliens traités comme des criminels.